Caresses de Marquises est une
installation-concert pour neurones artificiels presentee lors de la Nuit Blanche 2004 a Paris, gare de
l'Est, concue et realisee par Frederic Voisin et Robin Meier.
Il s'agît,
dans le temps de la Nuit Blanche, d'expérimenter et de presenter
au public les propriétés d'agents neuromimetiques
représentés par autant de hauts-parleurs disposes sur les
Marquises de la gare.
Cette
experimentation musicale, donnera à entendre
l'émergence de formes et de protolangages artificiels issus de
phenomenes "naturels" qui sont a l'origine des facultes
d'apprentissage , de la memoire, de l'emergence, de la propagation et
de l'echange de themes parmi une communaute d'agents neuromimetiques.
Differentes
especes d'agents se distinguent par leur architecture neuronale, par
leur sensibilite aux differents aspects de leur environnement et par
leur mode de synthese sonore.
L'architecture de chaque agent est composee d'un double noyau de
quelques dizaines de "neurones", nombre variant selon les especes.
Chaque partie du noyau, interconnectee a l'autre, represente deux etats
internes des agents, l'une sensible et active avec l'exterieur (lumiere
et son), l'autre plus interne, moderant l'activite de la premiere.
Toute la
nuit, ces agents reagissent a la fois au rythmes lumineux
projetes sur lesMarquises et a l'activite sonore des autres agents.
Differentes
declinaisons des architectures neuronales donnent lieu a autant de
comportements et, par incidence, de jeux sonores.
Tous les motifs
sonores et musicaux emergent de maniere autonome, selon l'etat interne
de chaque agent.
Afin de pouvoir
etablir les liens - non lineaires, associatifs - entre le contexte
lumineux et les productions sonores des agents, un ecran video
projette, en temps reel, les activations neuronales de ces derniers.
Ici, la
comprehension et l'etude des liens entre ces structures neuronales
simples, leurs comportements et leurs productions sonores font partie
integrante d'un travail de composition musicale : le controle des
scenes, dans le deroulement de la nuit, s'effectue non pas au moyen de
commandes qui seraient directement executees, mais au travers de
l'interpretation, par des systemes neuromimetiques, de signes et
d'indications. C'est ainsi que la partition de ces signes permet
d'experimenter de nouveaux modes d'interaction entre l'homme et les
machines.
Nice,
juillet-septembre 2004